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Perles sur Parachat Vaychlah''

Mardi 02 décembre 2014

Quelques enseignements recueillis en parcourant Vayishlah'.

 

Le séjour chez Lavan.

 

"J’ai séjourné auprès de Lavan" .Yaakov informe Essav de son séjour chez Lavan. Il veut en cela convaincre son frère de la condition d'étranger vers laquelle le destin l'a conduit, bien loin des promesses de domination contenues dans les bénédictions dont Essav fut privé. D'autre part, commente Rachi, Yaakov  fait part de son respect des 613 commandements, qui ne s'est point atténué lors de cette promiscuité avec le fourbe tonton. Ces arguments ne manquent pas d'interpeller: Est-ce un aveu émis par Yaakov de l'inefficacité des bénédictions proférées par le vénérable père? Quant à l'accomplissement des commandements, on a bien du mal à imaginer comment cette performance serait susceptible d'apaiser le bien "remonté" Essav?!

 

En fait, expliquent certains maîtres, ce sont deux questions qui, formulées ensemble, forment une réponse! Car en insistant sur son respect des Mitsvot, Yaakov exprime l'idée que sa manière de mesurer la" réussite" et d'estimer la bénédiction dans l'existence diffère fondamentalement de celle d'Essav (et de ceux qui lui ressemblent.) Alors que pour Essav l'abondance est synonyme d'accumulation de biens, pour Yaakov c'est avant tout l'épanouissement spirituel qui sera le cœur de toute réussite. En somme le message que transmet Yaakov à son frère est le suivant: "Bien que selon les critères qui sont les miens la bénédiction de notre père s'est réalisée (preuve en est mon endurance dans l'accomplissement des Mitsvots) selon tes critères à toi je ne suis qu'un étranger de retour au pays. Tu n'as donc aucune raison de me haïr."

 

Pour illustrer cette idée, l'anecdote suivante est parlante: On interrogea un jour le Steipeler (Rabbi Israel Kanievsky) sur la relative médiocrité des conditions matérielles qui étaient les siennes, alors que le Talmud promet la richesse à ceux qui sont Sandak (qui tiennent le bébé lors de la circoncision), rôle que le maître pratiquait quasiment tous les jours… La réponse fut aussi rapide que profonde: il pointa du doigt les livres qu'il avait eu le bonheur d'écrire et de diffuser, et s'étonna qu'on ait encore des doutes sur sa richesse….
 

 

613, ni plus ni moins.


Si dans les lignes précédentes nous avons tenté d'expliquer la pertinence de l'évocation par Yaakov des 613 Mitsvots, un des ouvrages récents (Birkat Mordekhay) s'interroge sur cette formulation quelque peu "halakhique" de la piété du Patriarche. Les Sages n'auraient-ils pas pu dire, par exemple et plus simplement, que Yaakov a ''respecté l'ensemble des Mitsvots'', ou que Yaakov ne s'est pas ''dégradé'', ou toute expression du même type?

 

La réponse donnée est intéressante: comme tous les personnages bibliques, Lavan était un personnage complexe. La ruse étant le constituant principal de sa personnalité, son approche de la tradition devait s'apparenter plus à la réforme et à la déformation de la Halakh'a qu'à son rejet total.  Aussi le danger que pouvait représenter son voisinage n'était pas un abandon du joug divin mais plutôt une manipulation progressive des Mitsvots. En soulignant le chiffre 613, Yaakov veut exprimer une fidélité à toute épreuve à l'héritage toraique!
 

 

Humilité


Yaakov, dans un moment de reconnaissance envers Hashem, dira: " j’ai été amoindri par toutes les bontés et par tous les actes de vérité que Tu as témoignés à Ton serviteur". Rav Yankele de Psherworsk avait une lecture originale de cette phrase: Le fait d'avoir été amoindri, c’est-à-dire d'avoir su rester humble, est la meilleure de toutes les bontés que tu m'as donné…..
 

 

Le pharmacien du rabbin


Yaakov, en formulant cette prière, nous transmet un exemple de gratitude mêlé à de l'humilité. Ces qualités se retrouveront bien sur chez tous les grands maitres de toutes les époques. Lorsque Rabbi Natan Tsvi Finkel, appelé aussi le Saba de Slabodka tomba un jour malade, il demanda à ses élèves de transmettre son nom aux Tsadikims de la génération afin qu'ils prient pour son rétablissement. Mais il insista également pour que l'on demande au pharmacien du quartier de prier  pour la guérison du maître. Cette dernière requête en surpris évidemment plus d'un.

 

Il expliqua alors: "Les Sages enseignent qu'Hashem écoute les prières des personnes qui font du bien autour d'elles. Certes le pharmacien nous aide avant tout dans le but de gagner de l'argent, mais cela se nomme également "H'essed" (bonté, générosité).     


 

Le combat et la poussière.


Yaakov se retrouve tout seul, confronté à l'ange d'Essav. S'enclenche un combat que le texte biblique formule en utilisant le verbe VAYEAVEK. Si tous s'accordent sur le sens général de ce terme comme exprimant le combat, Rachi rappelle que l'on discerne dans ce verbe le mot AVAK, poussière, ou ''poudre de terre'', et nous explique que la lutte des deux combattants soulevait de la poussière. Ce détail exprime sans aucun doute un symbole.

 

C'est que l'ange en question est assimilable au mal exercé par l'Empire héritier d'Essav, que nous appelons Edom et que les maîtres identifient généralement avec ce qu'il est convenu d'appeler la civilisation occidentale, dans ce qu'elle a de plus menaçant. Or cet Empire (sous lequel nous vivons) se caractérise justement par le piège qu'il représente en proposant des vanités et en donnant l'illusion qu'elles sont attractives. Sans proposer évidemment une analyse historique de ce que peut représenter la duperie de Rome, du christianisme etc., tout observateur contemporain admettra qu'il est aujourd'hui aisé de démasquer bon nombre de tromperies jadis considérées comme les fondements mêmes de nos sociétés. Et ce au niveau économique, moral, ou autre. C'est ce que représente peut être la poudre aveuglante soulevée par l'ange Essavien. (Rav N. Mrejen)

 

L'ange anonyme. 

 

Yaakov, après avoir vaincu l'ange d'Essav, lui demande quel est son nom. Or l'ange se défile en répondant, nous dit Rachi, qu'il n'en a pas. C'est que, nous explique le Rav Pinkuss, les pièges tendus par le Mal sont de natures différentes à chaque époque: si jadis les juifs furent tentés par l'idolâtrie, à une époque bien plus tardive c'est l'Emancipation qui représenta un danger, etc. Notre devoir est donc de savoir identifier le mal de chaque génération…

 

Le H'anouka de Yaakov.
 

"Et Yaakov vint à Louz dans le pays de Canaan — qui est Beth-El — lui et tout le peuple qui était avec lui. Et il y érigea un autel et appela l’endroit Beth-El, car c’était là-bas que D. s’était révélé à lui pendant sa fuite de son frère".

 

La croyance en D. est un fondement du judaïsme, à tel point que les maîtres débattent quant à savoir si on peut classer la Emouna comme l'une des 613 Mitsvots, ou qu'elle dépasse le cadre d'une classification. Si l'idée d'Emouna renvoie à des concepts abstraits dont il est peu aisé d'en donner une application pratique et concrète, la Mitsva de la Emouna peut tout de même se traduire en actes bien réels.

 

C'est en ce sens qu'il faut entrevoir le souci des Sages de publier certains miracles et manifestations du Divin. Hanouka en est l'exemple le plus célèbre. En publiant le miracle il ne s'agit pas de créer une nouvelle croyance éventuellement absente chez l'individu, mais d'affermir, de renforcer, certaines convictions endormies. En apprenant ou en se remémorant le miracle, la conscience humaine se persuade petit à petit du rôle réel de la Providence dans nos vies. C'est ainsi que nous trouvons un rapport, nous dit le Rav Boriandansky, entre le Séder de Vayishlah' et la fête de Hanouka, proches également dans le calendrier. Car Yaakov, en érigeant un autel et en le nommant du nom de D., donne un exemple concret de ce qu'est la publication du miracle.
 

 

R. Chmouel Olivier.

L'étude d'aujourd'hui est dédiée à la réfoua chélema de Rabbi Avraham Moréno Albert Ben Rivka. 

Merci de prier pour lui !!